Bienvenue et merci de visiter mon site


Pour commencer, revenons un peu en arrière, en 1978 pour être précis. Ayant des problèmes de dos liés à une scoliose un physiothérapeute m' à conseillé à l'époque de muscler mon dos . Je me suis inscrit alors dans un club de fitness genevois pour une première séance d' essai sans savoir que ce premier entraînement changerait le cours de ma vie définitivement.

Je pesais alors 74 kgs pour 1,76 mt . Durant ma première année de musculation j'ai pris, sans vraiment le vouloir, huit kilos de muscles chose qui me paraissait tout à fait surréaliste ! J'en ai bien eu la confirmation en mesurant mon tour de taille qui n'avait pas changé d'un centimètre.

Cette année, je vais avoir 44 ans, et croyez le ou non, la plus longue période de repos que j'ai prise durant ces 25 années de body-building à été de 4 jours !! C'est une évidence, j'aime être sous les barres et je ne pourrais pas imaginer ma vie sans les sensations fortes que la fonte me procurent et le bruit caractéristique d'un gros twin américain mais ceci est une autre histoire... Je vis chaque entraînement comme un challenge personnel, une sorte de combat que je veux gagner à tout prix..

Durant ces 25 dernières années j'ai été le témoin d'une évolution dans le domaine du Body-building et du fitness, qui, à mon sens, n'à pas vraiment été dans le bon sens. J'ai vu, par exemple, les haltères en fonte disparaîtrent doucement des salles de musculation pour reaparaître en plastique dans les salles d'aérobic !! J'ai également observé des clients plus ou moins obèses prendre l'ascenseur pour monter un étage, puis marcher 10 minutes sur un tapis roulant coûtant plus de 20.000.- francs suisses par un temps magnifique pour enfin allumer une cigarette dès leur "entraînement" terminé ! Certains propriétaires de centres de fitness ont même demandé à certains culturistes de niveau national de ne pas renouveller leurs abonnements car à leurs yeux, ils n' avaient plus leur place dans leurs salles. Paradoxal quand on pensent que sans les culturistes ce que l'on appelle le fitness n'existerait tout simplement pas !!

Le facteur santé à toujours été prépondérant pour moi puisque, dans la fin des années 70, quand j'ai commencé à m'entraîner, j'ai arrêter de fumer, de boire et tout fais pour améliorer mon hygiène de vie. A l'âge de 20 ans je me suis envolé pour la première fois vers les états unis et c'est à Santa Monica, près de Los Angeles, que j'ai découvert le vrai monde du Body-building. C'est lors de mon premier entraînement au Gold's Gym, que mon rêve de devenir champion de Body-building à pris naissance. A partir de cet instant j'allais tout faire pour aller le plus loin possible dans le monde du muscle.

Très vite, j'ai réalisé que la réalité de Body-building était tout autre que ce que je m'étais imaginé ! Très vite j'ai compris que la majorité des champions que j'avais pour idoles faisaient usage de produits dopants en tout genre. Déçu de constater que le sport que j'imaginait sain était en fait gangréné par le dopage je suis rentrer en Suisse en 1980 et me suis alors inscrit dans un centre culturiste à Lausanne, au bord du Lac de Genève. Sous l'influence d'un soi-disant "coach", qui m'avait convaincu que sans "produits" je n' arriveraisà rien dans ce sport, j'ai décidé de faire une cure de Dianabol de trois semaines à raison d'une dose dite "clinique" de 25 mg par jour. Il faut préciser qu ' à l'époque, je pesais 80 kilos et je ne ressemblais pas encore à un culturiste confirmé mais plutôt à un débutant !

En quelques semaines j'avais pris 5 kilos, ou plutôt 5 litres, car le Dianabol avait provoqué une rétention d'eau importante; ma qualité musculaire en avait d'ailleurs souffert et un "film" d'eau recouvrait mes muscles. Bien sûr, j'avais pris de la force et mes performances au banc avaient "explosé"; j'étais euphorique car en plus je venais de remporter mon premier titre de Bodybuilding à Liège, en Belgique : "Wabba Teenage Mr International". Tout allait donc pour le mieux jusqu'au jour ou le médecin qui me suivait à l'époque m'à fait parvenir les résultats de mon test sanguin "post cure". Plusieurs paramètres étaient gravement perturbés et à ce moment j'aurais volontiers échangé mon trophée de Champion pour de meilleurs résultats d'analyse !!! C'est à ce moment précis que j'ai décidé de poursuivre ma carrière d'athlète sans dopage et de me prouver à moi-même et aux autres que c'était possible de faire des progrès naturellement.

Je me souviens d'un séminaire qu'un grand champion de l'époque avait donné à Neuchâtel. Pour lui le succès devait forcément passer par les anabolisants. C'est alors que je lui ai demandé si il avait essayé de s'entraîner naturellement. Il m'a répondu que non et m'à encouragé à le faire !! Dans mon esprit les choses étaient claires : devenir Champion du monde dans les 10 ans et cela en ne faisant confiance qu 'à moi-même et non pas en des pilules et autres injections !!

Des légendes vivantes de la culture physique que j'ai eu l'honneur de rencontrer comme John Grimek, Reg Park, la première idole d'Arnold Schwarzennegger ou plus tard Paul Jean-Guillaume, Mr Univers 1986 à Tokio, ont encore renforcé mon désir de réussir sans drogues car si eux y étaient arrivé, pourquoi pas moi !? Mes deux entraîneurs et amis Radovan Milakovic et Bernard Lambert ont également joué un rôle très important dans ma carrière. Sans leurs conseils et leur encadrement, je n'aurais certainement pas eu le succès qui a été le mien et mon cheminement aurait peut-être pris une tout autre tournure.

Dans les années 80 les athlètes naturels n'avaient pas, comme c'est le cas de nos jours, l'occasion de participerà des concours naturels. Il n'existait que deux grandes fédérations : La WABBA et l' IFBB. Je me rappelle très bien de ma première participation à Mr Univers IFBB à Singapour. Je me retrouvais là aux cotés des meilleurs culturistes amateurs de la planète tels que Bob Paris et Ralf Moeller. Après 10 minutes passées sur scène, le speaker m'a prié de quitter la scène en compagnie d'une dizaine d'autres culturistes qui eux non plus n'avaient pas réussi à se qualifier parmi les 15 premiers ! Pourtant, je ne perdais pas courage et dans mon for intérieur, j'étais convaincu que mon heure viendrait. Après ma huitième place aux mondiaux IFBB qui s'étaient déroulés à Las Végas en 1984 je n'avais plus qu'un but : devenir Champion du Monde naturel.

A Tokio, en 1986, aux Championnats du Monde IFBB après ma deuxième place derriére Ralf Moeller (encore lui !!) et ce titre de vice-champion du monde en poche j' était bien décidé à frapper un grand coup une année plus tard à Madrid ! Là, la grande surprise : des athlètes testés positifs une année auparavant, remportait la première place avec 5 kilos de masse supplémentaire !! Il était évident que beaucoup de compétiteurs n'étaient pas "clean" mais je me réjouissais tout de même du fait que j'avais laissé derrière moi une quinzaine d'athlètes , tous champions de leurs pays respectifs.

Mon partenaire d'entraînement et ami Georg Zimmermann et moi, nous entraînions commes des gladiateurs 5 jours par semaine à 7 heures du matin pour atteindre nos buts respectifs. (Georg réalisa son rêve en remportant le titre de Champion Suisse SNBF toutes catégories en 2000). Je ne m'énervais plus quand certains athlètes me demandaient quels dosages d'anabolisants je prenais et non pas si j'en faisait usage. En fait, c'était plus un compliment qu'autre chose; cela voulait dire qu'à leurs yeux j'avais atteint un bon niveau culturiste. Bien sûr, quelque part cela faisait mal de ne pas être pris au sérieux mais je n'allais surtout pas me laisser décourager et personne ne pourrait me freiner dans ma quête de résultats sans dopage. Dans la fin des années 80, j'avais vraiment le sentiment qu'aucun effort sérieux n'était entrepris par les fédérations existantes pour mettre en frein à ce fléau. Il fallait que quelque chose se passe pour sauver notre sport d'une mort certaine.

J'ai toujours été un lecteur assidu de revues culturistes et un jour, alors que j'habitais à Lucerne, j'ai découvert un magazine américain que je n'avais encore jamais vu : "Natural Physique". Les athlètes photographiés paraissaient très naturels à mes yeux. C'est alors que j'ai écris au président de la NANBA (North American Natural Bodybulding Association) pour lui demander si je pouvais participer au concours de Mr Univers Naturel à Phoenix, Arizona, en avril 1991. Sa réponse me parvenait quelques semaines plus tard et il m'annonçait que j'étais qualifié à participer au concours si je remplissais les conditions nécessaires et passais les tests anti-doping mis en place par leur fédération. Sur place, j'ai été très impressionné par la volonté extrème de la NANBA de lutter contre les tricheurs ; en effet, pour la première fois, j'ai du passer un examen polygraphique (detecteur de mensonges dans la langue courante) pour prouver mon statut d'athlète naturel. Tout les participants devaient passer ce test et prouver à cette occasion qui' ils n'avaient pas utilisés de substances interdites dans les 7 années précédant la date du concours. De plus, les 3 premiers de chaque catégorie devaient également se soumettre à un test d'urine.

Une année plus tard, à Flint Michigan, je remportais le titre de Mr Univers Naturel toutes catégories et réalisais enfin mon rêve !! Aprés cela, je décidais de passer pro dans la WNBF (World Natural Bodybuilding Federation), une fédération mondiale avec siège è New-York qui lutte pour un Bodybuiding sain et équitable.

Plus tard, en 1997, mon ami Michel Frauchiger et moi fondions avec quelques amis la SNBF (Swiss Natural Bodybuilding and Fitness). La SNBF est affiliée à la WNBF et organise annuellement plusieurs compétitions dont les Championnats Suisses qui réunissent les meilleurs athlètes du Pays. Lors de cette compétition les vainqueurs peuvent se qualifier pour les Championnats du Monde qui ont lieu à New-York au mois de Novembre. Les culturistes naturels peuvent enfin se battre à armes égales sur une scène et montrer quelles performances sont atteignables sans dopage.

Le mouvement culturiste naturel est bien vivant et compte de plus en plus d'adeptes dans le monde entier. Je pense sincèrement que les athlètes naturels sont les vrais héros de notre sport. Pour progresser naturellement il faut avoir une discipline et une hygiène de vie extrême toute l'année. Chaque entraînement et chaque repas compte ; chaque jour nouveau est un pas de plus pour se rapprocher du but fixé. Pour être le meilleur sans produits dopants, il faut croire en soi et en ses possibilités ! Les drogues ne transforment personne en champion ; c' est la volonté et l'acharnement qui rendent plus performants. C'est uniquement dans ces conditions que l'on gagne non seulement sur scène mais aussi dans la vie !

Stay clean

François Gay